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Quand l’hôpital veut séduire les masseurs kinésithérapeutes libéraux ?

Le thème des déserts médicaux occupe le devant de la scène depuis des années lorsqu’il s’agit de parler de santé publique. Si on évoque souvent les décisions prises en ce qui concerne les masseurs kinésithérapeutes libéraux, on pense moins aux efforts et aux difficultés, que doivent afficher les établissements hospitaliers.

Masseur kinésithérapeute, entre libéral et secteur hospitalier, un choix à faire en toute connaissance de cause

On a déjà évoqué le choix pour un masseur kinésithérapeute de s’installer en tant que professionnel libéral de santé. L’ouverture d’un cabinet de kinésithérapie mobilise certes beaucoup d’énergie et d’attention mais ce choix de l’exercice libéral concentre une majeure partie des MDKE. Certains exerceront aussi en milieu hospitalier, alors que d’autres préféreront une voie conciliant les deux modes d’exercice. Chacun s’appuie sur ses propres envies et sur ses motivations profondes pour prendre ses décisions, mais force est de constater que depuis plusieurs années le milieu hospitalier redouble d’efforts et d’imagination pour attirer à lui des candidats qui se font (trop) rares.

La désertification médicale concerne aussi les masseurs kinésithérapeutes hospitaliers, et il suffit de parcourir les nombreux postes vacants sur tout le territoire national pour comprendre que l’exercice libéral de la profession n’est pas le seul concerné. Le manque d’un seul masseur kinésithérapeute dans un hôpital peut poser des problèmes à tout un service de l’établissement. Du côté des patients, cette désertification, qu’elle soit en libéral ou en milieu hospitalier, implique les mêmes désagréments avec des délais de consultation, qui se rallongent mais aussi avec des difficultés de plus en plus fortes pour trouver un professionnel de santé.

Quand le milieu hospitalier fait les yeux doux aux masseurs kinésithérapeutes

Pour attirer les professionnels de santé, les collectivités locales ne manquent pas d’idées. Les régions et les départements ont ainsi imaginé des incitations financières pour séduire les masseurs kinésithérapeutes mais aussi les médecins ou les infirmières libérales. Aujourd’hui, il existe presque autant de dispositifs de ce genre que de déserts médicaux, et la réussite de ces systèmes incitatifs n’est pas la même partout. C’est la réponse apportée pour lutter contre les déserts médicaux en ce qui concerne les professions libérales. Ces réponses continueront à se généraliser, puisque le gouvernement a d’ores et déjà annoncé que la lutte contre cette désertification faisait partie des priorités du gouvernement pour les prochaines années.

Mais cette lutte doit aussi répondre aux besoins et aux attentes des établissements hospitaliers. Même si on ne peut pas, par nature, parler de désertification médicale pour les hôpitaux, on ne peut pas passer sous silence les postes de masseurs kinésithérapeutes, ou d’autres professionnels de santé, qui restent vacants dans ces établissements. Les problématiques engendrées par ces difficultés à recruter sont d’autant plus importantes, qu’elles ont des conséquences plus ou moins directes sur les autres services hospitaliers (infirmières ou personnel soignant du service de kinésithérapie, coordination des soins entre le service de kinésithérapie et les autres, …)

Comment l’hôpital peut-il faire face aux masseurs kinésithérapeutes libéraux ?

Les moyens de l’hôpital ne sont pas comparables à ceux, que les collectivités locales peuvent consacrer pour recruter des kinés ou des professionnels libéraux de santé. Il leur est néanmoins indispensable de réagir pour pouvoir continuer à assurer leur mission. C’est ce que nous confirme Valérie Guay, chargée d’encadrer les masseurs kinésithérapeutes et les ergothérapeutes de l’hôpital Victor-Dupouy à Argenteuil. « Cela devient compliqué de jongler avec les plannings et de laisser partir le personnel en formation. A l’approche de Noël c’est encore plus difficile ». Alors lorsqu’il s’agit de recruter un nouveau masseur kinésithérapeute, la tâche devient quasi-impossible. Comment l’hôpital peut-il lutter contre l’attrait financier, que représente l’ouverture d’un cabinet de kinésithérapie pour un jeune diplômé ?  Il ne suffit pas de vanter les atouts du domaine hospitalier pour réussir à atteindre cet objectif.

Conscient de cette impossibilité de lutter, lorsque 80 % d’une promotion préfère devenir masseur kinésithérapeutes libéral plutôt que de choisir le domaine hospitalier, l’établissement d’Argenteuil a décidé de miser sur l’humour en proposant une vidéo de promotion et de recrutement sur un ton décalé. Un masseur kinésithérapeute depuis 4 ans à l’hôpital, Yann Kerlizin, a accepté de participer au projet en défendant ses convictions. « Nous travaillons en équipe, nous avons une meilleure qualité de vie, nous avons nos soirées et nous pouvons organiser notre vie. Bien sûr nous gagnons moins mais le travail est beaucoup plus diversifié« .

Une initiative, qui a le mérite de mettre en avant les spécificités du masseur kinésithérapeute à l’hôpital. Si l’hôpital d’Argenteuil a réussi à faire parler de lui avec un film vu plus de 3.000 fois depuis sa mise en ligne sur You Tube, il n’est pas certain, que cela suffise à moins que d’autres initiatives ne viennent renforcer cette ambition.

Et vous, masseur kinésithérapeute en milieu hospitalier, y avez-vous pensé au moment de votre installation ? Quelles seraient, selon vous, les pistes à suivre pour inciter les jeunes diplômés à choisir d’exercer en milieu hospitalier ?

28 commentaires sur « Quand l’hôpital veut séduire les masseurs kinésithérapeutes libéraux ? »

  1. à l’époque la question ne se posait pas . à l’école de kiné il était communément admis ( je sais c’est complètement idiot mais c’était ce qui se disait ) que les plus glandeurs des promos allaient à l’hôpital ….c’est pas politiquement correct de dire ca j’en conviens mais c’était une réalité …est ce que ca a changé ?

  2. Bah oui … j’étais majore de promo et je suis partie en hospitalier …
    c’est un choix qui m’est apparu évident dès le début de ma formation notamment vis à vis des pathologies rencontrées ! ?

  3. Le nerf de la guerre
    La rémunération
    À 2500 euros tous les kinés iraient à l’hôpital

    Comme le font les médecins pour 3500€ au lieu d’être en ville pour 6000€

    CQFD

  4. Une rémunération qui ne soit pas une insulte suffirait à régler le problème.

  5. Idem pour moi, suis sortie 3e de ma promo

  6. Tout a fait d’accord!! Des installations comme ça ( avec piscine , je rêve!!!) et un salaire pas insultant… j’irais sans souci !!

  7. Sympa à Snoop Dogg d’être passé faire le test de 6 minutes!

  8. Pour faire les deux actuellement , je vois de moins en moins les bénéfices d’être à l’hôpital (à mi temps du coup). Tu gagnes beaucoup moins en travaillant beaucoup plus tout en ayant des contraintes à chaque instant. Alors ouai le travail en équipe blablabla moins de paperasse (et encore le pmsi. …). Fuyez pauvres fous!
    Its a trap !

  9. Il faudrait proposer un salaire plus favorable

  10. Lorsque les frais de scolarité peuvent atteindre 40000 euros sans logement la question n’est pas que les élèves préfèrent le libéral, Elle est qu’ils n’ont pas le choix.
    Nous sommes une profession réglementée et conventionnée. L’hypocrisie de l’état sur la formation laissant en majorité au secteur privé la liberté sans se préoccuper de la mise a niveaux du diplôme et en demandant aux praticiens ensuite de rendre service à l’état est juste écoeurant. Nous avons une profession à l’image de nos IFMK et de notre ordre. Individualiste, pécuniaire, avare, sans projection ni déterminisme.

  11. le travail n est pas plus diversifié c est faux, il l est même BEAUCOUP moins.

    en libéral, en faisant 35 heures la semaine avec 7 semaines de congés par ans et en conservant des soins de qualités, vous gagnez à la louche 30 000 euros net par ans soit 2500 euros net par mois. A l hôpital vous aurez certes un peu plus de vacances mais vous gagnez environ 1700 euros ( 1500 si vous êtes en cdi )

    voilà tout

  12. Bravo! Un texte cohérent !
    Merci

  13. 6000 médecin de ville ?

  14. Depuis mon point de vue, il y a la différence de salaire, ça c’est évident, mais j’ajoute une autre chose qui est pour moi encore plus important et c’est la liberté de décider son propre emploi du temps.
    En tant que libéral on peut choisir le nombre d’heures qu’on veut travailler, on peut prendre nos vacances quand on le souhaite et tout ça sans demander la permission d’un cadre et d’une équipe. Cette liberté vaut pour moi encore plus que la différence de salaire.
    De plus le travail au cabinet et bien plus varié et enrichissant. Dans la même journée on peut faire de la pédiatrie, de l’orthopédie, de la gériatrie, de la respi… tant que l’hôpital c’est une structure beaucoup plus rigide et cadré donc pour autant moins intéressant.
    Qu’en pensez-vous?

  15. On apprend rien a travers cet article ☹️

  16. Thomas Fch tu vas etre seduit 😉

  17. Suis mal à l’aise ..

  18. Anne Bernard Gomez Fabienne Thurel

  19. Et pourquoi pas s’inspirer des infirmieres ? Elles/ils ont la possibilité de travailler en libéral seulement après 3 années de pratique hospitalière.
    Depuis qq annees j’y pense, ca serait une facon de réguler le nombre de salariés/libéraux, ça permettrait d’avoir une belle vision des soins et d’avoir une sensation d’appartenance au Service National de Santé, (=Cpam) , ça amenerait une évolution de carrière plus variée vers l’enseignement, cadre santé, le liberal, ou maintenant le doctorat.

    Je me demande ce Que fait l’ordre des kinés a ce sujet? On n’a pas beaucoup d’écho…Ce serait interessant d’y reflechir..question de santé publique . De nombreux postes en établissements sont vacants, ou occupés par des kines internationaux, qui sont tout autant à la hauteur! Mais la crainte serait-elle d’avoir a l’avenir l’HAS qui recentre les besoins sur les hopitaux et rende le travail liberal reduit .
    L’enjeu de l’ordre des MK est a mon avis de rendre plus attractive l’activité salariale en négociant a la hausse la grille des salaires et reduire un peu le nombre de liberaux, (ce qui n’augmenterait pas les dépenses de la sécu). Je pense que certains liberaux seraient prets à l’activité en salariat avec un salaire un peu réévalué. Qu’en pensez vous??

  20. C’est de la connerie ! Pour ma part la structure hospitalière est loin d’être ennuyeuse, bien au contraire ! Il est vrai que sur une journée de libérale vous survolez un certain nombre de spécialités, je vous l’accorde. Cependant il n’y a qu’à l’hôpital que vous rencontrez des pathologies bien particulières, avec des prises en charge qui nécessitent technicité et expertise, et ce, dans divers domaines puisque patients souvent polyoathologiques, en situation chronique, aiguë, voir en urgence vitale, et où le kiné a toute sa place. Et cela, jamais vous ne pourriez l’exercer en libéral.
    Alors Oui : la bobologie pour le libéral et l’expertise pour l’hospitalier.
    Je ne dénigre pas votre activité monsieur , je ne fais qu’adapter ma réponse à votre condescendance. Quelque soit notre secteur d’activité chacun à sa place.

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