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La réalité financière des nouveaux kinés libéraux

S’installer en tant que kiné libéral est un choix de vie, plébiscité par les étudiants. Pour concrétiser cette ambition, les nouveaux diplômés doivent cependant prendre en compte un autre aspect de la profession : une réalité bien plus financière.

Devenir masseur kinésithérapeute, un coût important ou un investissement ?

Certains sujets sont récurrents dans l’actualité de la profession de masseurs kinésithérapeutes. Ainsi en est-il de celui relatif au prix de la formation des futurs kinés libéraux et hospitaliers. Selon la Fédération Nationale des étudiants en kinésithérapie (FNEK), un étudiant a déboursé 5.211 € pour la rentrée 2020, alors qu’un étudiant en licence conventionnelle ne payait que 2.361 € (selon l’étude de la FAGE). Cette différence notable s’explique, en partie, par les frais de scolarité variables appliqués par les Instituts de Formation en Masso Kinésithérapie (IFMK).

De 170 € à 9250 €, cette disparité des tarifs est, chaque année, dénoncée par les étudiants mais aussi par les masseurs kinésithérapeutes déjà en activité. Cette inégalité de traitement est non seulement condamnée par une majorité de professionnels, mais elle est aussi avancée pour expliquer la hausse conséquente du nombre d’étudiants français partant étudier et obtenir leur diplôme de masseur kinésithérapeute à l’étranger.

Pour financer cette scolarité, un étudiant sur 4 d’après la FNEK se doit alors de souscrire un prêt bancaire, même si de nouvelles opportunités se font jour, depuis plusieurs années.

Le financement des études par des collectivités ou des établissements, une vraie bonne idée ?

Aussi, pour lutter contre les déserts médicaux, certaines collectivités et/ou certains établissements de santé acceptent de financer tout ou partie des études des prochains masseurs kinésithérapeutes en échange d’un engagement de leur part. Accepter de rejoindre l’hôpital de la région, s’engager à s’installer comme kiné libéral sur un territoire donné, … ces engagements ne doivent pas être pris à la légère, sous peine de devoir payer très cher ce genre de décision. Et les exemples se multiplient.

En Vendée, par exemple, c’est un kiné libéral qui a saisi le tribunal administratif de Nantes pour faire annuler une facture émise par le Centre Hospitalier Départemental (CHD). Ce dernier soulignait que ce masseur kinésithérapeute libéral avait accepter que l’hôpital lui paie sa formation initiale à condition de s’engager avec lui pendant le « le triple de la durée de sa formation initiale ». Nous étions alors en juin 2016, et le kiné avait « rompu » cet engagement, conduisant l’hôpital à lui réclamer les frais de formation. C’est ensuite une analyse « purement mathématique » comme le rappelle Me Anne-Sophie Sarday, l’avocate du professionnel de santé, qui reconnait la complexité des calculs à mettre en œuvre.

S’installer en tant que kiné libéral, un droit mais aussi des devoirs à respecter

Outre ces frais de scolarité et la charge financière (emprunts) qu’ils représentent lorsqu’un étudiant fraichement diplômé s’installe en tant que kiné libéral, d’autres dépenses viennent compliquer la volonté de ne pas s’enfermer dans une relation mercantile des soins. En d’autres termes, certains professionnels peuvent, pour une raison ou une autre, se dispenser de certaines obligations (coûteuses). Ce calcul purement mathématique n’est pas, comme pour la prise en charge des frais de scolarité par un organisme tiers, une décision à prendre à la légère, notamment lorsqu’il s’agit de ne pas payer sa cotisation à l’ordre professionnel.

Ainsi, à Berck, un kiné libéral était ainsi poursuivi devant le tribunal par l’Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes, qui lui reprochait, malgré plusieurs mises en demeure, de ne pas s’être inscrit. Pour l’Ordre, la cotisation n’est pas une simple question économique : « Être affilié à l’ordre est une garantie pour le patient. C’est l’équivalent d’une assurance pour le malade ». Pour se justifier, le kiné libéral expliquait qu’il n’avait fait que « suivre les consignes du syndicat » et soulignait sa bonne foi. Le tribunal l’a néanmoins condamné à une amende avec sursis (3.000 €) mais aussi à devoir indemniser l’ordre au niveau national (1.000 € pour le préjudice moral et 1.000 € pour les frais de justice) et au niveau départemental (dans les mêmes proportions).

Ce ne sont que deux exemples, attestant des difficultés, que peuvent rencontrer les kinés libéraux lorsqu’ils décident de s’installer. Des difficultés financières, bien éloignées de l’enseignement dispensé dans les IFMK.

Que pensez-vous des prises en charge des frais de formation par les collectivités locales ? Les engagements du masseur kinésithérapeute sont-ils disproportionnés ?

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