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Les études pour devenir kiné posent toujours autant de questions !

Même si la reconnaissance des futurs kinés au grade de Master répond à une ancienne demande des kinés libéraux et hospitaliers, les études en masso-kinésithérapie continuent à inquiéter et à questionner les acteurs concernés.

Étudier pour devenir masseur kinésithérapeute, obtenir le diplôme d’Etat reconnu au grade de master

Comme nous le soulignions, dans un de nos précédents billets, Olivier Véran, ministre de la Santé, a confirmé que les nouveaux titulaires du diplôme d’Etat de Masseur Kinésithérapeute seraient reconnus au grade de Master. En acceptant de répondre favorablement à une revendication récurrente des kinés libéraux et hospitaliers, le ministre de la Santé n’a cependant pas conditionné cette reconnaissance à une quelconque réforme du parcours de formation initiale de ces professionnels de santé. En revanche, après avoir conduit la réforme de la première partie des études de santé (avec notamment la suppression de la PACES à la rentrée de septembre 2020), les autorités publiques entendent bien conduire cette refonte jusqu’au bout, et de nouvelles évolutions pour les professions médicales et paramédicales, dont les masseurs kinésithérapeutes, sont attendues pour les mois ou les années à venir.

En attendant, les Instituts de Formation en masso-kinésithérapie (IFMK) doivent aujourd’hui gérer les conséquences de la première réforme, car la suppression de la PACES, bien qu’elle soit une réponse apportée à d’innombrables demandes de professionnels de santé, n’a pas simplifié les choses pour les futurs kinés libéraux ou hospitaliers. En effet, en multipliant les voies d’accès à cette formation, les autorités sanitaires ont complexifié un cursus, en imposant aux étudiants de devoir choisir à l’avance une « voie de repli » en cas d’échec. Or, toutes les voies n’ont pas été bien explicitées dès le départ aux étudiants, et cette année, certains regrettent leur choix initial, estimant qu’il réduit leur « chance de pouvoir poursuivre ». Depuis la rentrée, le ministère de l’Enseignement Supérieur a eu le temps de détailler son ambition et surtout le fonctionnement du nouveau dispositif de formation, en expliquant notamment :

« Les conventions signées entre l’institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) et l’université partenaire précisent le nombre de places ouvertes aux étudiants issus des différents parcours de formation. Les étudiants issus du Pass ne peuvent excéder 50% du nombre de places autorisées par institut de formation »

Les études en masso-kinésithérapie, une sélectivité encore bien présente

Que dire encore de ces licences STAPS ou de celles avec option santé (les LAS), qui ne permettent pas toutes, contrairement à ce qui avait été expliqué il y a quelques mois, d’intégrer le cursus pour devenir kiné libéral ou hospitalier. Si l’heure est donc au stress et même à la panique du côté des étudiants, les autorités publiques, elles, se veulent plus rassurantes affirmant que les erreurs de cette mise en œuvre de la réforme sont désormais corrigées et que les lycéens choisissant de s’orienter vers des études pour se former au métier de kinésithérapeute peuvent désormais choisir leur voie d’accès beaucoup plus sereinement.

Cela coïncide avec un regain d’intérêt de ces jeunes générations pour les professions médicales et paramédicales. Ainsi, si les inscriptions sur Parcoursup pour devenir infirmière continuent en 2021 à être le premier choix d’orientation des lycéens (9 % des demandes), celles concernant les PASS ou LASS sur Parcoursup se hissent elles aussi sur le podium des cursus les plus plébiscitées. Près de 1.7 millions de demandes ont d’ores et déjà été effectuées sur Parcoursup, et tous savent que la sélection sera rude, car la suppression du numerus clausus n’a pas fait disparaître la sélectivité des études de santé, y compris pour les masseurs kinésithérapeutes.

C’est une des raisons, qui poussent les syndicats d’étudiants en masso-kinésithérapie et plus généralement les étudiants en filière de santé à demander une réforme plus aboutie.  Adossée au coût, jugé excessif, des études de masso-kinésithérapie, cette sélectivité devrait, selon eux, pousser encore plus d’étudiants à partir étudier à l’étranger, ce qui n’est pas sans poser d’autres problèmes.

Comme quoi la reconnaissance du diplôme d’Etat de masseur kinésithérapeute au grade de master n’a pas apaisé les inquiétudes des étudiants et des professionnels, bien au contraire.

Et vous, après presque un an d’application, jugez-vous ce nouvel accès aux études de masso-kinésithérapie comme une avancée significative ou plutôt comme une contrainte ?

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